Créez votre propre expérience !

Ou comment remplir à la fois son CV et ses vacances estivales utilement ? Si vous réussissez à trouver une expérience pertinente qui soit en accord avec votre projet professionnel, soit parce que vous avez un don particulier (rien de surnaturel là-dedans, certains sont simplement plus débrouillards que d’autres) soit grâce à un bon piston, c’est parfait. Si tel n’est pas le cas, il va falloir y réfléchir avec stratégie.

Les vacances, c’est bien, mais c’est aussi une longue période qui pourrait servir une cause juste : votre avenir. Si vous avez la possibilité de cogiter durant les mois, voire même l’année précédent un été où vous pourriez vous consacrer à un projet susceptible de créer une expérience intéressante pour votre CV, n’hésitez pas à passer le cap, à condition que votre idée soit bien pensée.

Préparer son avenir autrement

Puisque les entreprises ne recrutent pas facilement sur la cible des jeunes diplômés, il vous faut bien redoubler d’efforts et surtout de stratégies avant la fin de vos études, pour ne pas vous retrouver sur le marché du travail totalement démuni avec, certes, un ou deux diplômes vendeurs en poche, mais qui ne remplaceront aucunement votre manque d’expériences professionnelles.

La solution est donc de se créer sa propre expérience professionnelle. Celle-ci est d’autant plus utile lorsque l’on a un diplôme lié à un métier que l’on ne souhaite pas exercer, mais il est évidemment préférable que votre diplôme et votre expérience correspondent à un tout cohérent, sinon vous vous compliquez la vie un peu trop tôt.

Vos propres projets

La première manière de concrétiser cette solution peut être de proposer directement un projet à des entreprises d’un secteur. Après analyse d’un secteur qui vous intéresse, si vous arrivez à identifier un manque en matière de produit ou de service ou une erreur de stratégie et que votre cursus vous permet d’envisager des solutions et idéalement de les chiffrer, ce qui peut vous prendre quelques mois, peut-être quelques périodes de vacances préalables à la période estivale, vous pouvez constituer une étude à coups de tableaux chiffrés et de courbes percutantes qui devrait intéresser ces entreprises.

Evitez d’envoyer votre dossier par courrier postal et privilégiez le contact direct avec un interlocuteur directement intéressé par votre travail. Si le secrétariat ou le standard vous bloque, vous pouvez certainement trouver l’adresse email de cet interlocuteur sur le Net. Sachant que vous devez absolument lui présenter une synthèse de votre dossier et non sa version complète, sans oublier de lui faire savoir qu’il s’agit d’une synthèse et que vous avez mieux sous le coude. En cas d’hésitations, précisez que cette synthèse a été envoyée à d’autres entreprises du même secteur, en relevant que vos solutions peuvent répondre à leurs problèmes communs.

Le but est de décrocher un job estival durant un ou deux mois de manière à travailler avec l’entreprise pour étudier la faisabilité de vos solutions et si possible initier leur concrétisation. Si nécessaire, au lieu de vous positionner comme demandeur d’emploi, présentez-vous comme consultant junior en freelance. Le statut d’auto-entrepreneur peut vous servir lorsqu’il sera question de vous payer, il est donc à étudier de près.

Vraies fausses expériences professionnelles

La seconde manière est de miser sur la vraie fausse expérience, ce qui dépend du domaine de votre formation, donc c’est assez difficile de vous présenter des exemples représentatifs.

Si vous souhaitez devenir créateur de sites Web, rien ne vous empêche de créer une boutique e-commerce pour qui en souhaite une, notamment sur la base d’un outil existant, certains forums pullulent de ce type de demande. Evidemment, rien ne vous empêche de vous faire payer, mais pensez à l’intérêt de votre expérience en premier, ce sera au final plus payant. Vous pouvez même pousser le vice à inventer l’existence et le nom de la société cliente, rares sont les recruteurs qui prendront le temps d’aller vérifier son existence si le site est bien fait et si vous avez votre nom quelque part (par exemple avec la mention Réalisation du site : prénom nom).

Si vous êtes dans la comptabilité, vous pouvez concevoir, avec l’aide d’un ami informaticien, un programme pratique dans ce domaine que vous transformerez directement en expérience d’entreprise, même si cette dernière est une invention de votre crû. Dans ce cas, c’est deux jobs et non un seul, à chacun son rôle.

Si vous êtes dans les ressources humaines, vous pouvez aider des demandeurs d’emploi, trouvés sur le Net, à retrouver un travail, en testant différentes méthodes reconnues (ou pas) et en présentant un rapport sur l’évolution des intéressés à chaque étape que vous avez préalablement définie. Soit en tant que consultant soit en tant que salarié, le statut souhaité doit être si possible le même que celui que vous avez eu (même si c’est faux).

J’arrête là sur les exemples, sinon l’article serait sans fin. Ce qui compte c’est de comprendre qu’une expérience pertinente fabriquée vaut mieux qu’une expérience secondaire faite en stage, voire même mieux qu’une expérience réelle où il peut être difficile de prouver son intérêt pour vous comme pour l’entreprise du recruteur.