Votre futur métier : du fantasme à la réalité

Vous avez un métier en tête ? Avec une vision plus ou moins précise de ce que peut être ce métier et de comment vous le vivrez ? C’est malheureusement le cas de tous : c’est facile de fantasmer sur un métier, qu’il vous tienne à coeur ou non, la réalité est généralement très éloignée de votre fantasme.

Même s’il est toujours possible de participer à un stage d’immersion, au sein duquel vous êtes censé être confronté à la réalité du métier envisagé, à ses avantages comme à ses inconvénients, ce type d’expérience ne reflétera que très partiellement la réalité sur le terrain qui peut prendre des formes variées selon les environnements. Et je ne parle même pas de stages « photocopies ».

Les points bloquants

A quels niveaux retrouve-t-on ces formes variées ? Cela dépend du cadre. Dans une entreprise, les différences entre fantasme et réalité sont visibles à plusieurs niveaux, notamment :

  • la médiatisation du métier,
  • l’image d’un métier faiblement ou pas du tout connu,
  • la pratique du métier,
  • le secteur d’activité de l’entreprise,
  • la taille de l’entreprise,
  • le relationnel en entreprise.

Une mauvaise presse médiatique ou la faible connaissance d’un métier par ouï-dire sont autant de vecteurs ne permettant pas de se rendre compte concrètement de la réalité d’un métier.

Il y a le risque de mal envisager la pratique de votre futur métier : si vous pensez qu’il sera aisé d’avoir un métier exercé en télétravail, cela peut vouloir dire que vous sous-estimez le risque d’une mauvaise organisation et d’un éparpillement lié à des difficultés de rester concentré, comme votre capacité à travailler de manière autonome sans encadrement. C’est beaucoup moins évident d’y songer que si vous êtes sujet aux vertiges et que vous avez donc plus facilement conscience que vous ne pourrez jamais travailler à des hauteurs extrêmes si vous êtes dans le secteur du bâtiment.

On peut d’ailleurs se faire une mauvaise idée d’un secteur entier comme d’un métier précis, dans un sens comme dans l’autre :

  • fantasmer sur le métier d’enseignant, ne voir que les vacances ou le plaisir de transmettre ses connaissances, sans réaliser que les élèves ont besoin d’être motivés, concentrés et encadrés,
  • fantasmer sur le métier de comptable, parce qu’on est matheux et qu’on est sûr d’avoir un métier demandé, sans réaliser que ce métier recouvre des domaines différents éloignés des mathématiques et qu’il n’est pas le mieux payé du monde,
  • fantasmer sur le métier de psychiatre, où on se dit que l’on va tomber uniquement sur des fous pourvus de camisoles de force, alors que la psychiatrie relève d’un panel plus large de patients atteints de troubles psychiques ou de maladies mentales,
  • fantasmer sur les métiers du bâtiment qui, s’ils peuvent nécessiter d’être sur le terrain, n’incluent pas forcément d’avoir des muscles, surtout dans l’ingénierie…

Pour ne citer que quelques exemples.

Dans une entreprise, sa taille peut avoir un impact sur la manière d’appréhender votre futur métier : vous serez peut-être plus spécialisé dans une grosse structure, tandis qu’une TPE attendra en plus de vous d’avoir un minimum de polyvalence autour de votre métier.

Le relationnel peut aussi créer une ambiance ayant des conséquences sur votre manière d’exercer votre métier, selon si on vous donne des responsabilités facilement ou non, si vous avez une hiérarchie humainement supportable ou non, si vous travaillez en bonne intelligence avec vos collègues, etc.

Devenir plus objectif

L’unique solution est de ne pas s’engager dans des études ou dans la manière de les envisager (ce qui peut vous amener à revoir votre projet professionnel) sans avoir pris le temps de se renseigner auprès de ceux qui travaillent dans le domaine qui vous concernera un jour, sans compter l’étendue des informations disponibles sur Internet.

C’est un risque réel de ne pas s’y intéresser au plus tôt, car c’est plus facile de faire un choix de cursus, parce qu’il faut bien faire un choix, plutôt que de prendre le temps de le faire en connaissance de cause. Même si cela peut être urgent, il faut prendre un minimum de temps pour se consacrer à cette investigation primordiale pour votre avenir.

En fait, votre analyse de chaque métier envisagé doit être la plus objective possible pour faire le meilleur choix possible, ce qui nécessite de vous connaître vous-même parfaitement, avant d’établir ensuite une stratégie de carrière à la hauteur de vos ambitions dont vos études et vos stages ne constitueront qu’un point de départ.